Association pour la découverte et la promotion du patrimoine de St Pierre

1795 – Les « vrais martyrs » de Quiberon

Extrait de l'article
Après la reddition des « émigrés » au Fort-Neuf de Quiberon, le 21 juillet 1795, les commissions DINNE et DUBOIS auraient prononcé au total 168 condamnations à mort.
Participants à la rédaction de cet article
Articlé rédigé par Jean-Louis Guého. Les « vrais martyrs » terme employé par l’Abbé Le Garrec
Copie des images et textes
interdite sans l'autorisation de KER1856
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Après la reddition des « émigrés » au Fort-Neuf de Quiberon, le 21 juillet 1795, les commissions DINNE et DUBOIS auraient prononcé au total 168 condamnations à mort.
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Articlé rédigé par Jean-Louis Guého. Les « vrais martyrs » terme employé par l’Abbé Le Garrec
Copie des images et textes
interdite sans l'autorisation de KER1856

Les commissions Dinne et Dubois

D’après le livre au titre éponyme du chanoine Eugène Le GARREC.  Edition Lafolye & de Marzelle -1935

Ce qu’il faut savoir : après la reddition des « émigrés » au Fort-Neuf de Quiberon, le 21 juillet 1795 des commissions furent instaurées par les représentants du peuple BLAD et TALLIEN afin de juger les « royalistes ». Certaines ont siégé dans la presqu’île, dont les commissions DINNE et DUBOIS, qui se sont tenues essentiellement sur le territoire de la future commune de Saint- Pierre. 

Ces commissions auraient prononcé au total 168 condamnations à mort.

La commission DINNE qui siégera soit au presbytère de Quiberon mais le plus souvent au manoir de la famille ROCHEVILLÉ au village de Kerdavid, (ancien quartier général des émigrés) du 9 au 23 thermidor an III (du 27 juillet au 10 août 1795) a décrété : 

Sur 166 prévenus , 113 condamnés à mort dont 111 émigrés et 2 chouans.

Fusillés dans un ravin à Mané Becker noz (le hurleur de la nuit) près du village de Kergroix.

  •  Premier jugement le 10 thermidor [interrogatoires les 9 & 10] = 50 condamnations
  • Deuxième  jugement le 12 thermidor [interrogatoires les 11 & 12] = 24 condamnations
  • Troisième jugement le 15 thermidor [interrogatoire le 13] = 35 condamnations
  • Quatrième  jugement et interrogatoire le 16 thermidor = 1 condamnation
  • Cinquième jugement le 19 thermidor [interrogatoires les 17 & 18] = 3 condamnations

Photos du manoir de Kerdavid quartier général du général  Hoche en juillet 1795. 

La commission DUBOIS qui siègera dans l’ancienne maison Le TOULLEC au village de Keraud du 14 au 19 thermidor an III (1er août au 5 août 1795) a décrété : 

Sur 101 prévenus – 55 condamnés à mort dont 49 émigrés et 6 chouans.

  • Premier jugement le 15 thermidor [interrogatoire le 14] = 30 condamnations
  • Deuxième interrogatoire et jugement le 16 thermidor. = 17 condamnations
  • Troisième jugement le 18 thermidor [interrogatoire le 17] = 8 condamnations

Chaque jugement spécifiait que la sentence devait être exécutée dans les 24 heures. On connaît donc les dates d’exécution.

Ancienne maison Le Toullec à Keraud

Trente fusillés au Port d’Orange

D’après le témoignage du vicomte de LA VILLEGOURIO

«  … Ce jour 14 thermidor An III de la République [1er août 1795], trente condamnés à mort  par la commission DUBOIS furent conduits au bord de la mer, derrière le port d’Orange, [NDLR : plage de Kermahé] et placés sur un seul rang, à quelques pas les uns des autres, avec quatre soldats devant chacun d’eux pour le fusiller… », dont Fournier d’OYRON qui, par un stratagème, réussit à s’enfuir et sauva sa vie.

 Devant la commission DUBOIS siégeant au village de Keraud le 14 thermidor, il déclare se nommer Pierre-Auguste FOURNIER, né à Saumur, âgé de 26 ans, ancien volontaire aux carabiniers, émigré une première fois en novembre 1790, puis en novembre 1793, fait prisonnier par les Autrichiens au fort Vauban  Il a séjourné en Allemagne, il pensait se réfugier à Jersey. Il demande à la commission de prouver tout ce qu’il est dit avoir fait.

La commission le condamne en vertu de la loi de Brumaire comme  “émigré ayant porté les armes contre la République”.

>>> Voir  la brève : comment s’échappa Pierre-Auguste FOURNIER de BOISAYRAULT d’OYRON

Les « sots » le laissent, par avidité, s’échapper

Comment s’échappa Pierre-Auguste Fournier de Boisayrault d’Oyron.

Auguste Fournier de Boisayrault d’Oyron [1], condamné à mort en 1795 comme émigré lors de « l’Affaire de Quiberon » doit être fusillé en haut de la plage au bout de l’anse du port d’Orange. Il fut « confié » à quatre exécuteurs. Arrivé sur le lieu de l’exécution les quatre « bleus » lui dirent en lui bandant les yeux :

 « … citoyen nous sommes bien fâchés, mais c’est la loi, aussi si tu as de l’argent donne-le-nous tout de suite… »

Le condamné leur dit :

« … j’ai vingt-cinq guinées [2] sur moi, mais je ne veux pas faire de jaloux pour le partage aussi je vais les lancer en l’air et les attrapera qui voudra... ».

Celui-ci jeta les pièces aussi loin qu’il le put ; les soldats se précipitent sur l’or ; aussitôt Auguste enlève son bandeau, saute le muret du champ au-dessus de la plage et tombe de l’autre côté. Sa chute le mit à l’abri des balles que lui tirèrent « les sots ». Il court à travers le champ, s’y cache.

La nuit venue, il se rend au village du petit Rohu où il avait été logé et trouve de bonnes âmes dont Marie-Anne Belz qui le cacha pendant cinq jours dans le grenier à foin ; puis une voisine, la veuve Julienne Le Guennec [3] le cacha pendant six semaines ; puis une autre, la veuve Guégan, le cachera jusqu’en novembre.

De là, il rejoindra l’armée de Cadoudal.

Auguste mourut dans son lit en 1837.

Récit de son épopée par Pierre-Auguste Fournier de Boisairault :

[1] 1768-1837 Baron d’Oiron, colonel.

[2] La guinée est une monnaie d’or anglaise.

[3] Veuve VÉRY

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