Histoires de sépultures et de cimetières
Il faut attendre la fin du XIXème siècle pour avoir des traces écrites. On sait que dès le XVIème siècle, on trouvait des sépultures autour des chapelles et de l’oratoire de la commune. Au XIXème siècle, le cimetière s’organise autour de la première chapelle, puis de l’actuelle église.
La commune de Saint-Pierre, avec ses quinze villages, tire son nom d’une ancienne chapelle érigée au XVIIème siècle sur l’éminence au-dessus du port d’Orange, près du village « perdu » de Ꝃnevez (le village nouveau), dédiée au « prince des apôtres » et dont nous trouvons trace à partir de 1693.
D’après les archives départementales, la première inhumation dans cette chapelle fut celle de :
Honorable femme Yvonne STEPHAN, mère des pauvres, le 29 mars 1693.
À noter : le recteur spécifie « … la première dans la chapelle neuve… ».
… Le vingt et neuvième jour de mars mil six cent quatre-vingt-treize, j’ai soussigné et certifié donné la sépulture ecclésiastique selon la coutume de notre mère la sainte l’église à honorable femme Yvonne STEPHAN, la bonne mère des pauvres, qui mourut le même jour qu’elle entendit la messe après avoir reçu le sacrement de l’extrême onction. Elle a été enterrée la première dans la chapelle neuve de Saint-Pierre le jour à Quasimodo……
En Bretagne, les inhumations pouvaient avoir lieu dans les églises ou les chapelles, mais le plus souvent hors des murs et autour de celles-ci.
Dans la presqu’île, les inhumations avaient lieu autour, soit près de l’église paroissiale de Locmaria (à Quiberon), soit autour des chapelles de Lotivy ou de Saint-Julien. Les enclos paroissiaux datent du XVIème siècle.
☞ La chapelle de Lotivy (XIème siècle) a été édifiée à l’emplacement d’un ancien oratoire dédié à Saint DEWI, saint du Pays de Galles. Il s’agit de la chapelle d’un ancien prieuré (Loc-Dengui) ; prieuré fondé en 1069. Le premier enterrement connu est celui de :
Marguerite ROLLAND de Rochquenaud, le 6 janvier 1653.
Il n’y a pas d’actes de sépulture avant cette date pour l’ensemble de la presqu’île.
Au XIXème siècle, le cimetière s’organise autour de l’église de Saint-Pierre. NDLR voir l’article sur la requête des frairiens de Saint-Pierre à l’évêque de Vannes
En 1869, le cimetière étant devenu trop petit, il est envisagé de le transférer à Kerbourgnec en bord de mer. Conflits au conseil municipal. Finalement, on agrandira le cimetière existant dix ans plus tard pour une surface totale de 2 880 m². Ce nouveau cimetière est ouvert en 1885. Une nouvelle extension aura lieu en 1919.
Il existe dans le nouveau cimetière des tombes de l’ancien cimetière, comme celle ci-dessous.
Lire notre article sur » Le Relais » à Kerhostin
» Le Relais » appartenait à cette famille Peyrache et Maire
A noter qu’à propos du calvaire évoqué ci-après, le pavement qui l’entoure provient de cette même maison » Le Relais ». Simple coïncidence sans doute.
NB : Le 19 janvier 1691 : première mention d’une église « neuve » au bourg de Locmaria à Quiberon [AD 56 page 196/690]
La pierre " tombale " derrière la croix du calvaire de Roch en Aud
Derrière la croix du calvaire se trouve une dalle funéraire avec une inscription.
Nous pouvons déchiffrer le nom de Vincent COURIAUT.
Vincent COURIAUT est né le 14 floréal an II de la République (03/05/1794) (AD56 acte n° 92 page 27/165) à Kerhostin. Il était marin, matelot. Marié avec Marie-Josèphe BERTIN le 20/08/1822 à Quiberon (acte n° 18 page 12/18).
Il est décédé le 16 avril 1881 (AD56 acte n° 12 page 133/199) au Petit Rohu, âgé de 87 ans. Il a été inhumé au cimetière de l’enclos paroissial.
Du cimetière au calvaire de Roch en Aud
Comment la stèle de Vincent COURIAUT s’est-elle retrouvée derrière le calvaire ? Lors de l’agrandissement du cimetière ?
Le calvaire du Roch en Aud est l’œuvre de l’entrepreneur JAMET. Il a été béni le 23 mars 1913 par Monseigneur Le SENNE, natif de la commune qui deviendra évêque de Beauvais et sera inhumé dans le cimetière de Saint-Pierre.
Il semblerait qu’à l’origine, il n’y avait pas de pavement autour de la croix. La stèle a-t-elle été récupérée lors des travaux faits en 1885 au cimetière et placée au calvaire ?
Pourquoi un calvaire a-t-il été érigé à cet endroit ? Est-ce en rapport avec Vincent COURIAUT ?
Est-ce en remplacement d’une croix qui aurait existé au croisement de la route de Portivy et du chemin de la Diligence et démontée vers 1900 ?
Quelqu’un aurait-il la réponse à cette énigme ?
Vincent Le COURIAUT époux de Marie Josèphe BERTIN mariés le 20/08/1822 à Quiberon (acte n° 18 page 12/18)
Elle : née le 30 nivôse an IX = 20/01/1801 au Petit Rohu dcd le 05/05/1858 au Petit Rohu-Cultivatrice, ménagère
Parents:
Louis, François COURIAUT né vers 1756 à Keroret en Erdeven – dcd le 05/01/1840 à Quiberon âgé de 84 ans. Il était laboureur – tailleur d’habits.
Marié le 12 vendémiaire an V (03/10/1796) à Quiberon
Avec Anne Michelle COURIAUT née le 09/10/1765 à Kerhostin – dcd le 03/10/1840 âgée de 74 ans. Cultivatrice.