Le Relais à Kerhostin

Extrait de l'article

Bernard et André Maire ainsi que son épouse nous racontent l'histoire du Relais de Kerhostin du XIX °siècle jusqu'à nos jours.

Participants à la rédaction de cet article

Entretien de Bernard Maire, son fils André et leur famille par Gaël le Bourgès et Françoise Pichon
Rédaction de l’article Françoise Pichon

Copie des images et textes interdits sans l'autorisation de KER1856

Le RELAIS est une belle maison de pierre avec ses fenêtres typiques à la quiberonnaise, située au bord de la route départementale à Kerhostin où nous accueillent Bernard MAIRE, son fils André et leur famille. Ce nom de Relais évoque l’époque des longs voyages en voiture tirée par des chevaux, avec des haltes dans les relais de poste au hasard du confort et des ressources locales.
Il s’agit bien en effet d’un ancien relais, dont l’existence est attestée, mais dont nous n’avons pas la représentation avant le milieu du XIX° siècle, seule une plaque a été retrouvée. Puis peu à peu lorsque le chemin de fer a remplacé les coches à chevaux, bouleversant les voyages, la vie du Relais a changé ; peut-être aussi lorsque les hommes de la famille MAIRE ont opté pour des carrières militaires, plutôt que pour l’hôtellerie.

Vue aérienne du Relais , vers le début du XX° siècle
La plaque de l’Hôtel des Etrangers, ancêtre du Relais

 A l’origine locale de la famille nous trouvons Monique GROUHEL, née à Kerhostin en 1812, qui a épousé en 1844 Jean-Etienne PEYRACHE né en 1808 à Château Dauphin, militaire.

 Ndlr : Château Dauphin est une ville du Piémont- Italie

Les PEYRACHE ont eu trois enfants, Eugène Stéphane, mort en 1852 à 16 mois, Emilie Joséphine, née en 1849, et Marie Monique, née en 1847 à Kerhostin. Après avoir vécu un temps à Brest, Le couple s’installe à Kerhostin, au Relais, en qualité de cabaretiers. Monique décède en 1880 à Saint- Pierre et Jean Etienne en 1882 à Brest. L’hôtellerie commence à décliner avec l’arrivée du train dans la Presqu’île à peu près à l’époque de leurs décès. C’était une maison sans confort, comme presque toutes les habitations de cette fin de XIX° siècle, sans eau courante ni électricité, avec les toilettes à l’extérieur.

Marie Monique PEYRACHE épouse en mars 1873 à Saint-Pierre Quiberon Victor MAIRE, né à Longwy en 1836, officier au 19°régiment d’infanterie de ligne. Ils vivent quelques années à Brest. Ils ont eu quatre enfants : Emilie née en 1874, Victorine née en 1875, qui s’installera au Canada, Fernand Victor né à Kerhostin en 1876 qui deviendra colonel dans la Légion Etrangère, et Gabrielle (Gaby) née en 1880 qui épousera un ARMAND, de Kerhostin, capitaine de marine marchande.

Lorsqu’ils s’installent à Kerhostin, Marie Monique et Victor MAIRE font sans doute agrandir le Relais, avant 1880. Marie- Monique l’habite jusqu’à son décès en 1941, Victor lui disparait en 1913 à Lorient.

La famille MAIRE devant le Relais en 1901
Une rare photo ancienne de l’intérieur du relais vers 1930

Fernand Victor MAIRE épouse en 1906 Marie-Blanche BATEAU, née à Neuilly en 1887 ; ils ont un fils, André, né à Paris en 1906. Après la Guerre, à la fin de sa vie, Fernand Victor logera un temps à Penthièvre rue Surcouf, en face de l’Hôtel des deux Mers.
Ndlr : nous évoquerons plus longuement la vie du Colonel Maire dans un autre article

En 1925, André MAIRE se marie à Odette PIERDET, née à Paris en 1904. Il vient régulièrement en vacances à Kerhostin avec sa famille, ses beaux-parents conquis par les lieux y achètent deux maisons entre le « Château Rouge » et la voie ferrée, au « village nègre »
Ndlr : A St Pierre, l’origine de ce nom surprenant n’est plus certaine ; des témoignages indiquent que ce serait lié au « mode de vie de certains habitants », et du fait qu’il y avait « des constructions en bois » selon ce qui nous a été relaté.

Devant le « Château Rouge », le 2° à gauche est l’architecte et propriétaire M. HAUTEMAYOU
Devant le « Château Rouge »
M.Pierdet , dans sa maison de Kerhostin avec le Colonel Maire

Bernard Maire se souvient : « nous avons fait, mes parents et  nous les enfants un séjour à Ploemel, avant la deuxième guerre mondiale, en raison de la santé de ma sœur Madeleine. » A la déclaration de Guerre, André malgré son âge et ses quatre enfants, s’engage, il rencontrera son père sur la ligne Maginot en 1939.

Son fils Bernard raconte : « ma mère disait au maire de Ploemel qu’elle était inquiète de ne pas recevoir de courrier, il lui a répondu : « ne t’inquiète pas , tout va bien, j’ai eu le courrier le facteur a confondu Madame Maire et Monsieur le Maire », ce maire était un personnage, il a été député ; il allait dans les ministères et s’installait jusqu’à obtenir un rendez-vous et la promesse de régler ce pourquoi il était venu ».

Ndlr : Joseph LE PEVEDIC, né à Ploemel le 3/12/1879, décédé à Vannes le 9/10/1964, Maire de Ploemel de 1908 à 1964, Conseiller général du canton de Belz, Député du Morbihan de 1928 à 1940 ; il cultivait son côté rustique, siégeait souvent en costume breton et faisait preuve d’une grande ténacité .

Plus tard dans les années 50, Madeleine s’est associée à Madame JANNOT ( la sœur de Madame FRANCELET) pour tenir le Home des Pins.
NDLR : voir article de Ker consacré à Mme Francelet et au Home des Pins

André Maire et son père

André Maire, fils de Bernard, raconte:
« Lorsque Marie MAIRE, née PEYRACHE, décède en 1941, dans le partage des biens c’est Guy ARMAND, le fils de Gaby MAIRE qui hérite du RELAIS, Le colonel quant à lui hérite des écuries, détruites à l’heure actuelle, et des terrains.

Guy ARMAND, laisse Le Relais se délabrer peu à peu , la cour est envahie par la végétation.

La maison côté route nationale
La maison côté rue du Relais

Le bâtiment est sauvé lorsqu’il est racheté en 1978 par Monsieur SUMYK qui défriche le jardin, où il retrouve le puits, il redonne un bel aspect au bâtiment et sauve la charpente d’origine. Il fait remplacer la « quiberonnaise » en bois de l’extension par une quiberonnaise en pierre.

La quiberonnaise en bois atypique, sur l’extension, dont on voit bien l’emprise
Rénovation du bâtiment

Pour créer un vide sanitaire au rez-de-chaussée, il a fait enlever le dallage ancien en pierre ; il a vendu les pierres à la Mairie , certaines ont servi pour le socle du calvaire du Roch.

Le calvaire sans le pavement de pierres
Le calvaire avec le pavement de pierres

Plus tard, Monsieur SUMYK a vendu la maison à Monsieur et Madame THERY et j’ai pu la racheter il y a peu de temps.
Lorsque les écuries ont été détruites, la cheminée mitoyenne a disparu , je le regrette.
J’ai des projets pour redonner à ce bâtiment sa belle allure, sans reconstituer une copie du passé »
Le Relais a connu beaucoup d’aventures , il a été Relais de Poste, Hôtellerie, maison de famille, il a été laissé presqu’en ruine, a été vendu et restauré, vendu de nouveau.
Il vient de retrouver la famille qui l’a habité depuis plusieurs générations , nous leur souhaitons des jours heureux .

3 réponses

  1. Merci à Gaël et Françoise pour ce bel article sur Le Relais. Cela a été un réel plaisir de partager un peu d’histoire de Kerhostin. Merci à vous et à l’ensemble des membres de l’association pour ce travail de mémoire honorable.
    André MAIRE

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