Histoire de la Villa Saint Joseph

Extrait de l'article

La Villa Saint Joseph de Port d'Orange à St Pierre Quiberon. Cet article nous dévoile son histoire de 1831 à nos jours

Participants à la rédaction de cet article

Recherche d’archives et rédaction de l’article par Jean-Claude Martin
Merci aux Sœurs Dominicaines de nous avoir ouvert les portes de cette Villa
L’entretien avec les Sœurs Dominicaines fera l’objet d’un autre article

Copie des images et textes interdits sans l'autorisation de KER1856

Tout le monde la connaît, elle fait partie du paysage de la plage de port d’Orange.

Cette grande villa beige au faîtage crénelé et sa tour avec son toit à 4 pentes est caractéristique.

Quand on s’approche on voit son nom inscrit sur la façade : « Villa Saint Joseph ».

La façade côté mer de la Villa Saint Joseph

Certains anciens Saint Pierrois l’appelaient « le sanatorium ».

L’entrée

Les promeneurs passent devant et n’osent pas entrer. Pourtant il s’agit d’un lieu d’accueil tenu par les sœurs dominicaines de la présentation, et d’un hébergement (25 chambres). Une petite chapelle s’y trouve également. Et le tout dans un grand parc fleuri clos de murs en pierres.

La façade coté jardin

La légende et la construction de la maison

Son histoire débute en 1831, et pourtant la maison n’existe pas, mais une « légende » dit qu’un jour dans le fond de la propriété on trouva un petit enfant bien habillé et avec lui un mot disant que l’on subviendrait à ses besoins à condition de ne pas chercher qui il était.

Mais personne ne sait qui l’a recueilli, ni ce qu’est devenu cet enfant.

En 1882 M Achille TARRIN, né en 1826 à Paris, a acheté un premier terrain de 1674m² aux héritiers de la succession LE BIDOLEC et y a fait construire la première villa, il s’agit de la partie centrale du bâtiment. Puis M TARRIN a poursuivi ces acquisitions, en août 1888 il achète une parcelle contiguë de 745m² au capitaine JOURDAN, et en octobre de la même année une autre parcelle de 1253m² à M LAURENT capitaine au cabotage, constituant ainsi une grande propriété de 3672m².

Après la construction de la première maison, une première aile est ajoutée en 1895, celle située à droite , puis en 1905 la seconde aile à gauche est rajoutée, ainsi que la tour.

M et Mme Tarrin lors des travaux d’extension

La construction a été assurée par l’entreprise des frères JAMET . Cette entreprise a également construit la villa « Les Tourelles » qui se trouve à côté de la villa Saint Joseph, mais également le « château TURPAULT », ainsi que l’abbaye Saint Michel de Kergonan à Plouharnel.

M TARRIN décède en 1911 à Nice, mais se fait enterrer à Saint Pierre Quiberon.

Qui était Achille TARRIN ?

M Achille TARRIN était économe de 1ère classe au lycée de Rouen quand il a fait l’acquisition de sa propriété saint pierroise. Il avait fait toute sa carrière dans les lycées de France et d’Algérie. En effet après avoir débuté sa carrière au lycée impérial Louis Le Grand à Paris, il fut ensuite nommé à Chambéry, puis Albi, Alger (où il resta 4 ans), Nantes (où il rencontra et épousa Pauline MOREL) et enfin Rouen où il fit valoir ses droits à pension à l’âge de 52 ans.

Mais pourquoi quitter une fonction où il était reconnu (nommé officier d’académie en 1876).

Il se trouve qu’il devint à cette date un des héritiers de Mme DELAMOTTE qui était sa tante.

Or Mme DELAMOTTE avait hérité de la propriété ayant appartenu à la princesse de Lamballe située après le Trocadéro sur la commune de Passy. Cette propriété fut vendue en 1890 au prix de 1 840 000F de l’époque (soit environ 4,4M€ actuels) ce qui justifie le départ en retraite de M TARRIN, celui-ci devenant « un rentier ». Cette villa se trouvait dans le quartier du point du jour à Paris, faut-il y voir l’origine du nom de la villa, ou simplement se contenter de la position orientale de la maison (face à l’est).

Son épouse Mme Pauline MOREL, plus jeune de 23 ans que son mari, décéda le 26 février 1913 et fut enterrée à Saint Pierre.

Par testament elle léguait au département du Morbihan sa villa « le point du jour », et une somme de 200 000F à charge pour le département d’y construire une maison de santé ou de convalescence pour femmes de 18 à 35 ans, bretonnes de préférence, à l’exception de celles atteintes de la tuberculose ou de maladies contagieuses. Une des conditions essentielle de ce testament est que cette maison soit tenue par des religieuses.

Afin d’assurer l’entretien de cette maison, une somme de 230 000F est également léguée, et le souhait exprimé par Mme TARRIN est que le nom de la maison soit « FONDATION TARRIN ».

Intérieur du salon
Les carrelages d’origine
Les grilles d’origine

Et après

La villa fut proposée à la mairie de Saint Pierre qui la refusa. Ensuite elle fut proposée à l’évêque, puis à diverses congrégations, qui refusèrent tous.

Dans ces années-là (1930 environ) la communauté des sœurs de charité présentation de la Sainte Vierge de Tours avait des antennes à Nantes et Angers, ainsi que des écoles. Le site de Saint Pierre était intéressant pour la tenue de colonie de vacances, en ce temps-là on parlait d’un mois de colonies.

En 1934 les premières sœurs arrivèrent.  Dès le début il fut décidé qu’il n’y aurait que 3 sœurs pour s’occuper de l’établissement, le site n’était pas assez grand pour l’établissement d’une communauté.

A l’époque la maison était en mauvais état, mais la propriété était vaste et surtout en contact direct avec la mer.

A l’origine la maison accueillait une quinzaine de saint pierroises où il leur était enseigné les travaux de couture.

A partir de 1936 les sœurs accueillirent les premiers enfants en colonies de vacances en été. Les colonies durèrent jusqu’en 1983.

Pendant la seconde guerre mondiale, la villa fut réquisitionnée et accueillit des réfugiés

Une école religieuse

En 1948, l’abbé LE BOUAR fut nommé curé de la paroisse de Saint Pierre. L’évêque demanda à l’abbé de faire le nécessaire pour ouvrir rapidement une école religieuse de garçons. Mais malgré la possession d’un terrain à Kéraude offert par un généreux donateur, les moyens manquaient pour la construction d’une école.

Après avoir un peu réfléchi « et beaucoup prié » Saint Joseph vint à son secours en lui suggérant d’installer une école provisoire dans la colonie de vacances des sœurs située villa Saint Joseph.

Encore fallait-il obtenir les autorisations (Saint Joseph ne fait pas tout…)

La sœur Henri-Bernard supérieure de la villa donna son autorisation mais il fallait obtenir celle de la supérieure de la congrégation à Tours, qui, après déplacement à Tours siège de la congrégation, donna son aval.

L’abbé THOMAS inspecteur des écoles libres, après avoir visité les lieux, indiqua que cela « pouvait se faire », puis au regard des difficultés financières « que cela devait se faire ».

Ensuite, estimation des travaux par l’entreprise BROSOLO de Quiberon, puis réalisation de tables et chaises par M LE RAY menuisier à Saint Pierre.

Restait les enseignants. Mais la direction de l’enseignement libre indiqua qu’il n’était pas possible de fournir un directeur.

Aussitôt l’abbé LE BOUAR (accompagné de Saint Joseph…) alla voir l’évêque pour qu’il intercède auprès des autorités scolaires.

Une solution un peu « bancale » fut trouvée, on affecta un séminariste avec ses 2 baccalauréats pour assurer l’enseignement.

Les traces des pissotières (ardoises verticales)

Et c’est ainsi qu’après un mois d’affichage et une visite assez bienveillante de Mr l’inspecteur primaire (car disons le « si tout est strictement en règle du point de vue légal, le local manque un peu du chic, du confort de la lumière que l’on donne aux constructions scolaires du jour ! ») L’école a été ouverte ce matin 21 septembre 1951 par Mr l’abbé Bernard JUHEL de Marzan, 1er directeur.

« Vous n’aurez personne… » Le début est plus que consolant, il est fort encourageant : 20 élèves exactement.

Et déjà je me demande « comment vais-je me débrouiller l’année prochaine. » Mais je confie mes 20 gosses et ceux qui les suivront à St Joseph qui les abrite, et à St Pierre qui les protège. Dieu y pourvoira » ainsi que l’écrivait l’abbé dans son rapport.

On trouve encore la trace des pissotières le long du mur en pierre séparant les 2 parties de la propriété.

En 1960 il y avait 2 classes et un préau.

Après l’accueil des colonies de vacances, la maison est devenue une maison de repos pour religieuses, avec ouverture aux activités municipales.

Depuis 1990 la maison est devenue le centre d’hébergement actuel.

Soeurs Agnès, Bernadette et Corine

La maison est tenue par les sœurs Corine, Agnès et Bernadette. Elles accueillent des groupes et des individuels en pension complète.

Une réponse

  1. Sans le travail de votre association, beaucoup de Saint-Pierrois de souche dont je suis n’aurait pas eu à la connaissance de ce passé insoupçonnable. Encore merci pour vos enquêtes et vos dispositions à découvrir en partie notre patrimoine.
    Cordialement
    Jean Pierre Le Duvéhat

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